Notre Histoire

L’histoire des Jeunes Socialistes

Le Mouvement des Jeunes Socialistes est une association d’éducation populaire attachée à la famille socialiste. Avant d’acquérir leur autonomie auprès du Parti Socialiste en 1993, les JS s’organisent d’abord en section « Jeunes » intégrée à la SFIO dès 1912. Leurs valeurs internationalistes et le pacifistes les encouragent à fonder en 1915, avec leurs camarades allemands l’OIJS : l’Organisation internationale des jeunes socialistes. L’organisation s’essouffle en octobre 1920, lorsqu’une majorité des adhérents décide de rejoindre le Parti Communiste.

Cette même année, plusieurs militants créent une nouvelle organisation internationale fondée sur les principes de l’auto-éducation : les faucons rouges. La section jeune de la SFIO connaît un nouveau souffle, portée par plusieurs jeunes intellectuels dont Claude Lévi-Strauss et Léopold Sédar Senghor. La création de la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste ainsi que le renouveau militant impulsé par Léon Blum bénéficient aux JS qui, malgré leur millier d’adhérents, ne parviennent pas encore à obtenir leur autonomie sur la SFIO.

Après la marche sur Rome de Mussolini en 1922, les Jeunes Socialistes mettent l’antifascisme au coeur de leur lutte. En France aussi l’antiparlementarisme progresse à l’image de la crise du 6 février 1936. Cette même période est marquée par victoire du Front Populaire qui amena les Jeunes Socialistes à grossir considérablement leurs effectifs jusqu’à atteindre 50 000 militants.

Un fort débat d’idées anime alors les JS. Les trotskistes adoptent une stratégie d’entrisme au sein de la SFIO, tandis qu’un courant révolutionnaire occupe l’aile gauche du parti.

La fédération trotskiste de la Seine qui édite le journal Révolution, tiré à plus de 70 000 exemplaires organise une manifestation contre un rassemblement fasciste aux côtés des militants révolutionnaires du Parti. Plusieurs militants sont tués. Le journal Révolution titre le lendemain « 8 milliards pour l’emprunt, 6 morts à Clichy : l’argent de la bourgeoisie se paie du sang des ouvriers. » Les Jeunes Socialistes et les Faucons rouges sont dissous et le courant révolutionnaire est exclu du Parti.

Durant l’occupation allemande, les Jeunes Socialistes sont présents dans la résistance, à l’image d’Adolf Coll, mais leur participation sera moins marquée que celle des communistes. En Algérie, des groupes de jeunes résistants socialistes feront partie des compagnons du 8 novembre 1942 qui partiront ensuite à Londres, Paris, dans le Sud Ouest et en Corse.

Après la guerre, la SFIO reprend le contrôle des Jeunes Socialistes. Les JS publient pourtant Le Drapeau rouge, inspiré par le chant révolutionnaire. En 1945 l’organisation compte 20 000 adhérents. Jeunes socialistes et trotskystes se retrouvent à l’occasion de camps d’été communs et prennent ensemble le contrôle des Auberges de jeunesse qui compte alors 40 000 adhérents.

Les JS s’opposent à la politique coloniale notamment contre la guerre d’Indochine contre l’avis de la SFIO. En 1947 durant les grèves aux usines Renault, les Jeunes Socialistes manifestent contre Ramadier et Moch. À la fin de l’année, la SFIO décide d’exclure les JS alors proches du courant révolutionnaire de Dechézelles. Les JS rejoignent finalement le Rassemblement démocratique révolutionnaire notamment  dirigé par Sartre.

Pierre Mauroy, alors secrétaire national des JS fonde la Fédération Léo-Lagrange dans le même objectif d’auto-éducation que les Faucons rouges précédemment créés. Proche de Guy Mollet, il conduira les Jeunes Socialistes à être silencieux sur l’Algérie.

Certains JS sciscionnent afin de participer à la fondation du Parti Socialiste autonome qui intégrera le Parti Socialiste Unifié en 1960. Les jeunes militants du PSU seront particulièrement impliqués dans les manifestations de mai 1968 aux côtés de Pierre Mendès France et de Michel Rocard. Les Étudiants socialistes unifiés s’organisent alors. Les adhésions baissent chez les JS au profit de la Fondation Léo-Lagrange et d’un investissement croissant dans l’UNEF.

Les Jeunes Socialistes et les Étudiants Socialistes sont refondés sous la mandature de François Mitterrand comme premier secrétaire. En 1975, les Jeunes Socialistes alors dirigés par l’aile gauche chevènementiste du Parti sont exclus au profit d’un secrétaire national à la Jeunesse nommé par le premier secrétaire du PS. Les Jeunes Socialistes ne décident alors plus librement de leur orientation.

En 1993, Michel Rocard, qui ne comprenait pas l’intérêt d’une organisation “courroie de transition” accorde l’autonomie aux Jeunes Socialistes qui créent le Mouvement des Jeunes Socialistes lors du congrès d’Avignon.

Benoît Hamon, premier président du Mouvement autonome critique « la France en pyjama » du gouvernement Balladur et parvient avec son équipe, vêtue de pyjamas, à organiser un premier coup médiatique sous les fenêtres du Premier ministre.

Les militants décident désormais de leur orientation politique propre et élisent leurs représentants. Cette nouvelle organisation a contribué au développement du Mouvement. De moins de 1000 membres, les adhérents sont passés à environ 7500 en 2014.

En 2006 lors des manifestations contre le contrat premier embauche les JS participent activement à mobiliser les étudiants et les lycéens. Le MJS intensifia alors ses relations avec l’UNEF et l’UNL en donnant notamment la parole aux jeunes dirigeants syndicaux, comme Bruno Julliard et Karl Stoeckel lors des manifestations organisées par le Mouvement.

Les Jeunes Socialistes lancent une série de débats et de réflexions, nommée Perspectives 2012 impulsés par leur présidente Laurianne Deniaud. Ces travaux débouchent sur la constitution de conventions nationales, définissant les propositions des Jeunes Socialistes pour les élections présidentielles de 2012.

Les Jeunes Socialistes mèneront ensuite plusieurs campagnes internationales et européennes comme “Generation of the crisis Rise Up” ou “Stop Tafta” durant les mandats de Laura Slimani et Thierry Marchal-Beck.

Pendant le quinquennat de François Hollande, les Jeunes Socialistes insistent sur la priorité Jeunesse présente dans le programme de leur candidat en soutenant l’action du gouvernement tout en formulant de nouvelles propositions. En 2015 les JS publient leur livre Priorité jeunesse dans lequel ils défendent de nouvelles solutions notamment pour l’insertion des jeunes qu’ils remettent à la direction du Parti Socialiste.  

Les Jeunes Socialistes mènent alors plusieurs campagnes pour défendre l’action du gouvernement : emplois aidés, réforme scolaire, mariage pour tous, tiers payant généralisé tout en utilisant leur autonomie pour manifester notamment contre la Loi Travail et l’extension de la déchéance de nationalité.

En 2017, les JS participent activement à la campagne de Benoît Hamon sur tous les territoires. À l’issue d’une tentative de déstabilisation d’une partie de la direction souhaitant suivre leur leader dans son nouveau parti Génération.s, les Jeunes Socialistes se structurent en direction collégiale composée de toutes les sensibilités du Mouvement élue unanimement  le 7 avril 2018.